L’impression 3D multimatériaux permet de combiner rigidité et flexibilité, couleur et transparence, ou encore matière structurelle et support soluble dans une seule impression : un gain de temps et de possibilités que les makers adoptent massivement en 2026, notamment grâce aux systèmes AMS de Bambu Lab et aux filaments adaptés.

Qu’est-ce que l’impression 3D multimatériaux et pourquoi ça change tout
L’impression multimatériaux consiste à alimenter une même tête d’impression avec plusieurs filaments différents au cours d’un seul job. Cela peut servir à créer des pièces bicolores ou multicolores, à combiner des matériaux aux propriétés mécaniques différentes (rigide + souple), ou à imprimer des structures de support solubles qui disparaissent dans l’eau sans laisser de marques.
Jusqu’en 2022-2023, cette technique était réservée aux imprimantes professionnelles coûteuses ou nécessitait des montages DIY complexes. Les systèmes AMS de Bambu Lab ont radicalement changé la donne en rendant le multimatériaux accessible sous 1 000 euros avec une fiabilité correcte pour un usage maker quotidien.
Les trois grandes familles de combinaisons multimatériaux
Avant de choisir ses filaments, il faut distinguer trois usages distincts, car les contraintes techniques et les filaments requis ne sont pas les mêmes.
1. Multicolore avec matériaux identiques (PLA + PLA)
Le cas le plus simple et le plus fiable. On utilise plusieurs couleurs du même type de filament (PLA blanc, PLA rouge, PLA noir par exemple). Les températures d’extrusion sont identiques, les transitions sont propres, et les purges sont gérables. C’est le point d’entrée recommandé pour découvrir le multimatériaux.
2. Bi-matériau avec propriétés complémentaires (PLA + TPU)
Combiner un PLA rigide avec un TPU flexible ouvre des possibilités mécaniques intéressantes : poignées antidérapantes, protections avec zones d’absorption, charnières fonctionnelles sans assemblage. La difficulté vient des températures d’impression différentes (PLA autour de 220°C, TPU entre 230°C et 240°C) et du comportement du TPU dans les systèmes d’alimentation automatique. Sur AMS 2 Pro, seule la version « TPU for AMS » passe correctement. Le TPU standard reste à charger en direct.
3. Support soluble (PLA + BVOH, PETG + PVA)
Le support soluble est la combinaison multimatériaux la plus transformatrice pour les pièces complexes. Le BVOH (Butenediol Vinyl Alcohol Co-Polymer) se dissout dans l’eau froide et s’associe parfaitement au PLA. Le PVA (Poly Vinyl Alcohol) fonctionne bien avec le PLA mais se dissout plus lentement. Les deux sont extrêmement hygrophiles : ils doivent être secs avant impression, idéalement stockés dans l’AMS 2 Pro qui maintient activement l’humidité basse.
| Combinaison | Difficulté | Usage principal | Dissolution |
|---|---|---|---|
| PLA + PLA couleur | Facile | Décoration, multicolore | N/A |
| PLA + PETG | Moyenne | Support breakaway | Mécanique |
| PLA + TPU for AMS | Moyenne | Pièces flexibles intégrées | N/A |
| PLA + BVOH | Avancée | Support soluble pièces complexes | Eau froide |
| PETG + PVA | Avancée | Support soluble PETG | Eau tiède |
| ABS + HIPS | Avancée | Support soluble ABS | Limonène |
Les paramètres critiques à maîtriser
Le multimatériaux amplifie tous les problèmes déjà existants en impression mono. Voici les quatre paramètres qui font la différence entre un résultat professionnel et un échec.
Le séchage des filaments. Pour le PVA et le BVOH, c’est la condition sine qua non. Une bobine humide se dégrade en cours d’impression, crée des bulles, des coupures de filament, et ruine des impressions de plusieurs heures. La règle : sécher 4 à 6 heures à 50°C avant utilisation, puis stocker dans l’AMS 2 Pro ou un boîtier hermétique avec silicagel.
La gestion des purges. Chaque changement de matériau nécessite de purger la buse pour éviter la contamination entre filaments. En multicolore PLA, on purge entre 30 et 60 mm³ par transition. En transition PLA vers BVOH, compter 80 à 120 mm³. Bambu Studio calcule automatiquement ces volumes, mais les réglages avancés permettent d’affiner pour réduire les déchets.
La compatibilité des températures. Deux matériaux combinés doivent avoir des fenêtres de température compatibles. PLA + BVOH fonctionne bien car les deux s’impriment autour de 220°C. ABS + PLA ne fonctionne pas : le PLA se dégrade à la température d’impression de l’ABS (240-260°C). Toujours vérifier les plages de température avant de combiner deux matériaux inédits.
L’adhérence inter-couches. Certains matériaux n’adhèrent pas entre eux, ce qui est précisément l’objectif pour les supports breakaway (PLA + PETG se détachent proprement). Mais quand on veut une interface solide (PLA rigide + TPU souple dans une même pièce fonctionnelle), il faut choisir des matériaux et des températures qui favorisent la liaison chimique entre couches.
Quel matériel pour débuter le multimatériaux ?
Pour une première expérience multimatériaux réussie, la combinaison Bambu Lab P2S Combo (imprimante + AMS 2 Pro) est la référence accessible en 2026. Elle gère automatiquement les changements de filament, intègre le séchage, et Bambu Studio prépare les purges sans configuration manuelle complexe.
Pour les débutants qui veulent d’abord évaluer si l’impression 3D correspond à leurs besoins, une machine d’entrée de gamme comme la Bambu Lab A1 Mini (compatible AMS Lite pour le multicolore) est une porte d’entrée moins coûteuse avant de passer au multimatériaux avancé.
Le guide détaillé sur les imprimantes 3D multicolore compare les différentes approches (AMS, multi-extrudeur, changement manuel) pour choisir selon son budget et ses objectifs.
Questions fréquentes sur le multimatériaux en impression 3D
Combien de matériaux peut-on combiner en une seule impression ?
Avec un AMS 2 Pro, on gère jusqu’à 4 filaments simultanément. En connectant 6 unités AMS 2 Pro sur une P2S, on monte à 24 matériaux ou couleurs différents par impression. En pratique, la majorité des projets makers n’utilisent que 2 à 4 matériaux, et les combinaisons à plus de 8 filaments restent rares sauf pour les figurines décoratives très détaillées.
Le multimatériaux génère-t-il beaucoup de déchets de filament ?
Oui, les purges de transition représentent une part non négligeable du filament consommé. Sur une impression multicolore complexe, les déchets de purge peuvent représenter 20 à 40 % du filament total utilisé. L’AMS 2 Pro optimise ces purges mieux que la première génération AMS. Des techniques comme le « flush into infill » (purge dans le remplissage au lieu d’une tour dédiée) réduisent significativement le gaspillage.
Les supports solubles BVOH valent-ils leur prix élevé ?
Le BVOH coûte environ 3 à 5 fois le prix du PLA standard, ce qui refroidit certains makers. Mais le gain en qualité de surface sur les zones de support est considérable : aucune marque de retrait, aucun outil de post-traitement, dissolution en 30 à 60 minutes dans l’eau froide. Pour les pièces techniques avec des géométries complexes (surplombs importants, cavités internes), le BVOH se rentabilise rapidement en temps de post-traitement économisé.